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À l’orée du bois

vendredi 23 mai 2008, par JCLB
MOTS-CLÉS :  / bibliotheque / vie_sociale / monographie

 

Pourquoi une monographie de Louargat ?
Jean-Claude Huon et moi-même nous nous sommes dit un jour : « Nous devrions rassembler tous nos documents, photos ou témoignages des personnes ayant vécu dans la commune, y vivant ou la connaissant... »
Cette étude incomplète et sans prétention est dédiée d’abord à tous les Louargatais qui recherchent leurs racines et à ceux, qui comme Paul Le Quément, né à Louargat, directeur d’école, en retraite à Lorient depuis 23 ans, n’ont pas eu le bonheur de connaître l’un ou l’autre de leurs parents... Qu’il soit riche, qu’il soit pauvre, qu’il soit grand, qu’il soit petit, qu’il soit loin, qu’il soit près, le Breton a dans son cœur le même trésor : l’amour du pays.
Gant hon gwella gourc’hemennou.
Emile RAOULT


À l'orée du bois

Hervé LE GOFF a préfacé ce livre :

La monographie historique, quand elle s’applique à l’histoire locale, est un exercice redoutable.
Comment, en effet, intéresser les lecteurs à des lieux, à des événements, à des personnages qui ne sont, pour la plupart, ni célèbres ni glorieux ? Il faut pour tenir cette gageure une longue patience, une sensibilité frémissante, un soupçon de nostalgie aussi. Mais il faut surtout vivre en intense communion avec un terroir, une langue, une culture. C’est à ce prix que les fétus de paille de l’Histoire, tout ce que l’historiographie générale néglige ou estompe, se trouvent valorisés, soudain rendus signifiants, dé-banalisés si j’ose employer ce néologisme : la tradition collectée de la bouche d’un voisin, un linteau sculpté sur quelque maison, une silhouette entrevue sur une carte postale jaunie, un curieux nom de lieu, une pierre égarée dans la campagne deviennent soudain messages, symboles même parfois. Ainsi les objets les plus humbles, les personnes les plus anonymes jaillissent de leur passé, à nouveau pesants et colorés, définitivement sauvés de l’oubli par la magie de l’écriture.
La moindre des vibrations émises par l’histoire des hommes et des lieux se trouve ainsi détectée, amplifiée ; et lorsque, par hasard, les grands tremblements de l’Histoire se sont répercutés jusqu’à ce modeste canton objet de l’étude, ils prennent comparativement une intensité terrifiante.

Aujourd’hui remis en honneur et justement estimé, ce genre de la monographie locale était jadis pratiqué surtout par ceux qui, à l’aune de la commune et dans une société de l’oral, représentaient la science et l’écriture : je veux parler du curé et de l’instituteur. A ces clercs laïcs ou religieux, gardiens du temple local de Mémoire (ces « antiquaires » du siècle dernier), beaucoup de communes - paroisses doivent d’avoir conservé Notices historiques et autres Statistiques appréciées des historiens et ethnologues d’aujourd’hui.


On voit donc que ce n’est pas par hasard qu’Émile RAOULT, assisté de l’œil et du talent de Jean-Claude HUON, a entrepris cette tâche pour Louargat. Par ses origines - il est né au Largez - et par ses fonctions d’instituteur, il était plus que d’autres susceptible de perpétuer cette tradition de la monographie, avec autant de passion que ses devanciers, mais avec en plus l’impartialité et la rigueur héritées d’une conception moderne de l’Histoire.


Il est réconfortant de constater qu’à une époque où le passé collectif n’est plus pour bien des enfants qu’un vaste mur lisse et blanc dont se détachent à peine quelques images sans profondeur, quelques personnages sans âge et quelques dates creuses, il existe encore des maîtres qui, à l’exemple d’Émile RAOULT, savent leur rappeler qu’une société sans mémoire court tous les risques, et que la maîtrise du présent comme celle de l’avenir reposent sur la connaissance du temps écoulé. A sa façon, Émile RAOULT a, par cet ouvrage, éclairé le passé de Louargat pour mieux en comprendre le présent. Puisse-til être aussi, pour reprendre la définition de l’historien par Henri Heine, « un prophète qui regarde en arrière ».


Les ouvrages consultables à la bibliothèque du Centre Généalogique des Côtes-d’Armor





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