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De Bécherel au Parlement de Bretagne à Rennes (35)
| La journée du
2 juin 2001
Bécherel, les participants au pied des remparts Ce 2 juin, nous étions 54 généalogistes des Côtes-d’Armor mais aussi de Saint-Nazaire, à partir pour l’Ille-et-Vilain ; le temps était beau, et nous attendions ce jour depuis bien longtemps… La première étape était Bécherel. Bécherel, classée « petite cité de caractère », juchée à 176 m, sur un promontoire, dernier contrefort des monts d’Arrée, se trouve sur la route Rennes Corseul à l’époque romaine. Au Moyen Age, la famille de Dinan y fait construire un château en pierre, devenant ainsi une place forte, très convoitée. Dotée d’importantes fortifications, dont nous observons les vestiges, des murs, des tours tronquées, elle subit maints assauts pendant les guerres de Succession de Bretagne, et un siège de quinze mois tenu par le jeune Bertrand Du Guesclin… Petite ville marchande, le commerce du fil de lin et de chanvre y est prospère, mais petite ville évoluée où, entre 1689-90 et 1786-90, l’alphabétisation des hommes passe de 30,80 % à 55,20 % et celle des femmes de 23 % à 61 % ! Les noms des rues actuelles évoquent le passé florissant de l’industrie locale : la Filanderie, la Chanvrerie, Carette (cordage de bateaux), Beurrerie, quelques maisons témoignent encore de sa vie d’autrefois : maison à pans de bois, maison du gouverneur (XVIe) en pierre des faluns, frontons, modillons, cheminées, balcons en fer forgé… Du haut des remparts un vaste panorama s’offre à nos yeux. La ville connaît un renouveau économique grâce aux libraires qui s’y sont installés et qui ouvrent leurs portes les samedi et dimanche, plus souvent en été. Un coup d’œil rapide nous apprend que nous pourrions y trouver des trésors dans tous les domaines. Le déjeuner nous attend face au château de Caradeuc, demeure de La Chalotais, l’un des parlementaires dont nous entendrons parler l’après-midi. A seize heures, nous arrivons devant le Parlement où des guides nous accompagnent. Depuis l’incendie de février 1994, ce palais reçoit de nombreux visiteurs. Le Parlement Le siège du Parlement de Bretagne, à Rennes, avait été fixé en 1561. Cette institution demandait un palais digne d’elle. En 1611, l’emplacement est choisi et le terrain est acheté aux Cordeliers. Germain Gaultier, ingénieur et architecte de la ville, en dessine les plans. Le projet comprend une prison au rez-de-chaussée, les différentes chambres de justice à l’étage. Les commanditaires en refusent les plans et font appel à Salomon de Brosse, architecte de Marie de Médicis, qui les modifie quelque peu : façade sur rue, larges baies à l’italienne à l’étage, arcades de granite au rez-de-chaussée, toiture en un seul volume reposant sur une charpente nécessitant quelque mille arbres (qu’on appelait la forêt), cour intérieure aux murs de brique et de tuffeau… Le faîtage porte des épis où alternent hermines bretonnes et fleurs de lys, et les quatre pavillons d’angle sont dominés par des allégories, symboles de la justice. L’accès à la salle des Pas-Perdus, se fait par un escalier monumental à double volée… En 1720, un incendie dévaste la ville détruisant un millier de maisons environ, mais épargne le Parlement. L’architecte Gabriel est chargé de la reconstruction de la place qui l’entoure et choisit un modèle unique pour les maisons qui la bordent. (l’une d’elles, œuvre de son confrère Robelin, est différente). Gabriel supprime l’escalier extérieur du palais -il le rebâtit dans la cour intérieure-, afin de donner à la statue équestre de Louis XIV un cadre idéal. Pour décorer le Parlement, on fait appel aux plus célèbres peintres, menuisiers, sculpteurs du siècle de Louis XIV, la décoration se poursuit aux siècles suivants. La pièce maîtresse de la Grand-Chambre -en cours de restauration- était le plafond composé de caissons pesant huit tonnes, commandé à Charles Errard. Les peintures étaient de Noël Coypel. Le plafond fut protégé au siècle dernier par des hourdis ce qui évita à l’incendie de s’y propager mais l’eau y fit son œuvre. Les peintres furent Jean-Baptiste Jouvenet pour la Première Chambre civile, Ferdinand Le Jeune pour la Deuxième Chambre. Les peintures sont des représentations allégoriques de la Justice, de la Religion, de l’Eloquence, de la Connaissance. L’incendie de février 1994 a détruit tout l’intérieur du palais ainsi que la toiture et la bibliothèque, riche d’archives, les peintures furent rapidement évacuées mais l’eau avait déjà commis des dégâts presque irréparables, les tapisseries des Gobelins de la Grand-Chambre entreposées dans la région parisienne, pour restauration, ont subi un deuxième incendie, la moitié est définitivement perdue. La salle des Pas-Perdus attend un plafond. Il faut saluer le travail extraordinaire des restaurateurs et celui de l’architecte qui a voulu redonner au palais son style d’avant l’incendie, tout en le rendant plus fonctionnel et plus confortable. En modifiant l’espace des combles qui est à l’origine de la propagation si rapide de l’incendie, on a pensé à la sécurité. Le mobilier moderne se fait discret dans les ors des plafonds et sur les murs tendus de beau tissu de lin. Les salles s’ouvrent au public au fur et à mesure de l’achèvement des travaux et nous avons pu admirer l’harmonie de l’architecture du palais, la richesse de ses décors et le respect apporté à l’authenticité des détails dans sa restauration. Une journée très agréable qui apportait, en plus des sites visités, une possibilité de se retrouver ou de faire connaissance.
Le Parlement de Bretagne Monique JEZEQUEL |
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